Le principe
La séparation des tâches empêche qu’une seule personne puisse mener seule une opération sensible de bout en bout. L’exemple classique : créer un fournisseur et valider ses paiements. Séparées, ces deux tâches exigent une complicité ; réunies, elles permettent une fraude sans témoin.
Repérer les combinaisons à risque
Partez des processus, pas des applications. Quelques combinaisons reviennent dans presque toutes les organisations :
- Finance : créer ou modifier un fournisseur, et valider un paiement.
- Paie : modifier les données de paie, et valider le virement des salaires.
- Informatique : développer une modification, et l’approuver pour la production.
- Administration : créer un compte, et lui attribuer des droits d’administration.
Commencer petit
Une politique de séparation des tâches qui bloque tout le monde dès le premier jour sera désactivée la semaine suivante. Commencez par trois à cinq règles sur les processus les plus exposés, vérifiez qu’elles ne bloquent pas un fonctionnement légitime, puis élargissez.
Les petites équipes ne peuvent pas toujours séparer chaque tâche. Dans ce cas, documentez l’exception et prévoyez un contrôle compensatoire : une validation a posteriori, une revue mensuelle des opérations concernées.
Prévenir ou détecter
Un contrôle préventif refuse l’attribution qui créerait le conflit : le risque n’existe jamais. Un contrôle de détection trouve les conflits déjà présents parmi les accès existants. Les deux sont utiles : le premier empêche les nouveaux conflits, le second traite l’héritage du passé.
Garder la trace
Chaque attribution refusée est une information : elle montre qu’une demande a eu lieu, et que la règle a fonctionné. Conservez ces refus au même titre que les accès accordés.